J’ai vraiment cru que tout allait être simple

J’imagine que c’est toujours pareil.

La première fois qu’on écrit un premier jet de roman, on pense que tout va rouler, qu’on va faire 2, 5 ou même 10 brouillons, mais que les bases sont là et qu’il suffit de peaufiner.

Pourtant j’avais lu des choses là dessus.

Sur le ventre de la bête, the belly of the beast.

Sur ce moment dans la création où l’on pense qu’on est en train d’écrire le pire texte de l’histoire.

Que ce qu’on fait est peut être même totalement inutile. Irrécupérable.

Malgré tout ça, malgré tout ce que j’avais lu, je pensais que l’écriture du premier jet allait se passer par itération, par incrément, avec des hauts et des bas, mais que je serais un chemin ascendant.

Que j’allais sortir du marathon d’écriture de novembre, le DRomA, avec un premier texte.

Et que ce texte serait ensuite en constante amélioration.

Bien sûr, je n’ai jamais pensé que mon roman serait totalement bouclé en un mois. Je pensais même qu’il resterait beaucoup de boulot, mais que la structure serait posée.

Dans l’idéal, je pensais que je n’aurais plus qu’à travailler, itérer, raffiner.

Je savais que cela ne marchait pas comme ça et pourtant j’y ai cru.

En réalité, j’ai une trame, mais j’y vois tellement de défauts que cela en devient décourageant. Au niveau de la narration, il reste encore tellement de choses qui ne fonctionnent pas, que je sais que la refonte ne sera pas simple. Il faudra casser des choses, réécrire de grands morceaux.

Alors, oui, j’ai écrit un roman en 30 jours, mais ce n’est pas le roman que je voulais.

Je me suis même demandé à moment, si cela valait vraiment le coup de continuer à travailler sur ce manuscrit.

D’où la petite pause de quelques semaines.

Je ne sais pas si c’est pour y voir plus clair, prendre du recul sur le texte, prendre le temps de laisser de nouvelles idées émerger.

Je pense que c’est surtout pour prendre le temps de retrouver l’excitation du texte. L’envie de travailler dessus. Se réconcilier avec les personnages que j’avais trop vu, trop cotoyé pendant un temps.

Et puis, à un moment, ces personnages nous manquent. On a envie de les retrouver. On note de nouvelles idées. Reprendre le texte nous démange.

Jusqu’au jour ou enfin, on est prêt. On reprend son manuscrit. Et on sait qu’on va la faire, cette version 2.

C’est le point où j’en suis aujourd’hui.

Je pense qu’on en passe tous par là. Alors, ne forcez pas. Attendez que vos personnages vous manquent et là, profitez-en pour les aider en corrigeant les défauts de votre manuscrit.

Et, bon courage pour votre deuxième jet.

Car sur le fond, tout roule, tout est normal.

L’écriture est un processus de maturation, on ne peut pas griller les étapes, mais on peut écrire les mots qui comptent.

– Mickaël

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