Écrire un roman en un mois, c’est possible ?

Lorsqu’on se lance dans un défi, on ne sait jamais vraiment ce que l’on en retire. Un défi, ça sert à progresser, à accélérer. Apprendre plus vite, en mettant le turbo. Mais au final, qu’en reste-t-il ?

Mon défi, c’était le DRomA, le Défi du Roman d’Automne. Pendant un mois, mon objectif était de terminer un roman de 150 000 signes. De coucher le premier jet, en tout cas.

J’ai lancé le DRomA en octobre, en m’inspirant du NaNoWriMo, une pratique connue dans le monde anglophone. J’ai considéré qu’il était temps de l’adapter au monde francophone, en utilisant un nom français plus accueillant et en utilisant des métriques plus adaptées à notre culture.

Nous nous sommes lancés sur cette base en nous donnant tout le mois de novembre pour écrire ensemble, partager notre ressenti, notre point de vue et nos difficultés. Pour une première année, avec une préparation de quelques jours seulement, le DRomA 2020 a finalement réuni 16 participants.

Aujourd’hui, le défi est terminé. Vient maintenant l’heure du bilan et de la question fatidique : qu’ai-je donc appris durant ce mois et comment ces apprentissages me servent-ils à construire mon futur d’écrivain ?

Pour mettre mon bilan en perspective et que vous puissiez mieux comprendre mon parcours, voici une mise en perspective.


Tout a commencé par un besoin de partager

J’ai commencé sérieusement l’écriture il y a un an.

Les mots, les textes font partie de ma vie depuis des années, mais je n’avais jamais envisagé d’écrire de la fiction.

Dans le milieu technique d’où je viens, le partage est plutôt oral. On monte sur scène pour raconter son histoire. La reconnaissance passe par la transmission orale.

J’ai pris goût au partage devant un large panel, lors de plusieurs conférences tech. Naturellement, lorsque j’ai ressenti le besoin de mettre du sens mon travail dans la tech je pensais porter la bonne parole en devenant speaker. C’était le plus évident pour moi. Témoigner partager ma vision et ma compréhension des enjeux du secteur.

Pourtant, il y a un an, j’ai commencé à écrire, pour un petit groupe d’abord, puis pour une audience de plus en plus large.

Comme pour beaucoup d’auteur·rice·s, mes textes étaient avant tout un moyen d’exprimer mon ressenti. Des textes courts, indépendants, des pensées, de petites cartes postales que dévoraient ceux qui me suivaient.

Cela m’a poussé à écrire plus régulièrement, mais je me suis trouvé limité dans ce que je pouvais exprimer. J’ai commencé à mettre en scène des situations pour me sentir plus libre dans mes écrits. Lorsqu’on écrit de la fiction, tout devient presque permis. Mes textes sont devenus plus longs et plus construits. J’écrivais désormais des nouvelles.

Pour aller plus loin, je me suis construit en développant ma technique et en rencontrant d’autres auteurs notamment dans des ateliers d’écriture.

Depuis lors, je publie une lettre hebdomadaire, j’ai écrit plusieurs nouvelles et j’anime un podcast sur la création et je coordonne un groupe d’auteur·rice·s.

La route que j’ai prise il y a un an, le choix de vivre une double vie est certainement une de mes meilleures décisions.

Mais sur le chemin de l’écriture, il y a des étapes à passer. On découvre des limites qu’on ignorait. Pour développer une histoire, il faut de l’espace. Passer ce stade nécessite d’écrire des textes plus longs. La marche peut paraitre haute, lorsqu’on passe de la nouvelle au roman. C’est un exercice paralysant. J’ai eu l’impression de faire face à un mur. Le défi ultime de l’apprenti auteur. Et qui, mine de rien, demande à la fois de l’organisation et encore plus de technique.

On ne se sent jamais prêt à écrire un roman. Pourtant, la seule manière d’apprendre, c’est de se lancer, sans filet. Pour dépasser la paralysie, pour réussir à écrire un roman, il faut écrire un roman. Il n’y a finalement pas d’autre manière de faire. Si on répète de petits exercices chez soi à l’infini on est condamné à rester prisonnier de ce dilemme, à éviter ce qui nous fait peur. Assumer le fait de partir de nulle part, et que nous, particules insignifiantes dans l’univers, nous allons écrire un roman. Sans prétention.

En octobre, je me suis jeté à l’eau. Pour ne pas avancer seul, j’ai décidé de lancer le DRomA, le Défi du Roman d’Automne.


Écrire tous les jours pendant un mois

J’avais déjà mis en place une discipline d’écriture quotidienne. Pourtant, écrire tous les jours sur le même texte est un exercice bien différent que celui de repartir chaque jour ou presque, d’une feuille blanche. 

Pour ceux qui n’écrivent pas encore quotidiennement, ce défi permet d’ancrer la discipline d’écriture quotidienne dans ses habitudes. Transformer ce besoin en un mode de vie. Câbler son cerveau pour l’écriture. Et surtout, constater, jour après jour, que les mots viennent plus naturellement et que l’histoire progresse plus vite lorsqu’on est régulier.

Finalement, aussi, on arrive à se mettre dans une forme de concentration ou d’obsession, dans laquelle notre cerveau travaille en permanence en tâche de fond sur notre projet. On découvre les problèmes et on les résout au fur et à mesure. On aborde de front toutes les questions qu’on aurait évitées sans la pression d’une échéance. Un marathon d’écriture est une phase anti-procrastination. On arrête de tergiverser et on avance, parfois presque en écriture automatique.

Bien sûr, la qualité du texte est très variable, selon les jours. Et alors ? C’est un premier jet, après tout.

Voici ma progression, avec des jours où j’ai écrit « autour » de mon texte principal. Je reviens dessus plus loin. On y voit aussi les errements de la fin du défi. C’est une période où l’idée de départ est moins précise et doit être raffinée, hors du texte même.


Les 5 enseignements du marathon d’écriture

Si je résume en quelques points ce que j’en ai retiré, voici des enseignements qui peuvent être utiles, pour moi et pour d’autres auteurs :

  1. D’abord, l’importance du collectif, du groupe. Même si l’artiste est seul, devant sa page, sa toile, sa partition, il s’inscrit dans une communauté d’échange. Ce défi n’a de sens que comme une aventure collective. Sinon, j’aurai, nous aurions lâché avant. L’écriture, c’est comme le sport. S’inscrire dans une émulation de groupe, comprendre que l’on partage les mêmes difficultés, trouver le soutien et pouvoir échanger sur ses contraintes ou ses problèmes est fondamental. Cela peut faire la différence entre aller au bout de son premier projet ou l’abandonner en cours de route.
  2. Ensuite, l’importance de la méthode. Que l’on y réfléchisse directement ou indirectement, créer passe par un certain nombre d’étapes. On commence par se préparer. Puis on réalise une première ébauche, une maquette. Se lancer dans un marathon d’écriture n’est qu’une étape parmi d’autres. Celle qui permet de faire avancer son projet à vitesse accélérée, d’en tester tous les aspects pour en découvrir la profondeur et comprendre les manques qu’il faudra ensuite combler.
  3. L’importance d’être souple. Il ne faut pas se mettre une pression inutile, car l’écriture et la créativité doivent rester un plaisir. J’ai atteint 80 % de mon objectif. Certains jours, j’ai écrit pour améliorer le contexte, étoffer le background des personnages ou parfois pris le temps de résoudre des problèmes scénaristiques que je n’avais pas identifiés dans la phase de préparation et dans le synopsis. Il ne faut pas se crisper sur les objectifs chiffrés. L’important est d’avoir le sentiment de progresser.
  4. L’importance d’anticiper la suite et de se placer dans une démarche itérative. Au fur et à mesure que l’on avance, on voit des erreurs, on trouve des problèmes dans son histoire. Dans une phase de production, cela ne doit surtout pas nous empêcher d’avancer. Il faut noter les idées, et les défauts que l’on a repérés et ne pas s’arrêter d’avancer. Il sera temps plus tard de revenir en arrière et de corriger. Le but d’un marathon d’écriture est de produire un premier jet. Il y aura au moins une nouvelle version, mais ce sera pour plus tard.
  5. L’importance de se nourrir d’autres histoires. Il faut garder du temps pour trouver l’inspiration, lire, apprendre à analyser et déconstruire les histoires des autres auteurs. À chaque fois que je me suis retrouvé bloqué, une petite pause analytique dans la création m’a permis de prendre du recul pour trouver un second souffle.

S’il y a une seule chose à retirer de tout cela, c’est qu’écrire est une histoire de connexions. On dit qu’un auteur.rice écrit pour lui. C’est vrai, mais le processus s’enrichit de l’échange. On écrit en habitant le monde, en observant, en regardant les autres, en les écoutant… et en leur parlant…


Ce que les participants en disent

Aujourd’hui, j’ai écrit 125 000 signes. L’heure du deuxième jet va approcher. Peut-être y en aura-t-il un troisième. Mais en tout cas, j’ai maintenant créé la matière première qui permet de construire le texte final. L’immersion complète dans son projet, sous forme d’un marathon d’écriture ou sous une autre, est nécessaire pour construire un roman.

Et voici ce que les autres participants en disent :

J’ai atteint mon objectif de 300 k sec, mais mon roman sera finalement plus long. Donc de mon côté, nouvel objectif : finir mon 1er jet de roman avant 2021. Soit 150ksec en 1 mois, 2 fois moins vite que le DRomA. Mais une vraie volonté de continuer à toucher le manuscrit tous les jours 🙃 Et continuer de m’amuser. En tout cas ce défi c’était génial ! Ne pas été seule ça aide dans les moments plus difficiles, et discuter maintient l’enthousiasme je trouve 🙂 Merci beaucoup Mickaël pour l’animation !

Noëmie

[J’ai avancé sur mon projet et je le comprends mieux]. je me retrouve avec deux pistes, qui sont deux trajectoires de personnages. Je m’y suis attachée mais pour autant cela ne suffit pas je crois à en faire un roman. Il me faudra à nouveau brainstormer.. en décembre !

Laetitia

Merci les amis pour le défi. J’ai fini avec 114 k sec, pas mal pour une première fois et d’avoir commencé le 13/11. En effet j’ai écrit avec régularité. Tous les jours avec une bonne énergie, avec plaisir et je n’ai pas épuisé du tout mon sujet. Alors je continue pour au moins quinze jours de plus !

Checo

Et vous pouvez également lire le retour de Noëmie, qui a fait le DRomA avec nous: Bilan DRomA — 4 semaines jouissives et beaucoup d’apprentissages!


Devenir auteur·rice en 2021, c’est possible

Il est possible de devenir auteur·rice en plus de son travail quotidien, de mener une double vie. C’est le principe même de la création pour la grande majorité des artistes.

Le chemin de l’écriture n’a pas de fin. C’est un parcours de vie. Pourtant, il est possible de s’organiser et de se motiver, en groupe, pour écrire rapidement, aller droit au but pour atteindre ses objectifs et progresser sans cesse.

Pour devenir auteur·rice, il faut s’appuyer sur des principes de base, des fondamentaux, que je vais explorer en profondeur avec vous, bientôt, au fur à mesure que je les comprends, les maitrise et les rationalise.

Ces principes seront au cœur d’une initiative pour les auteur·rice·s que je dois lancer en début d’année prochaine.

Je vais proposer des formations qui auront pour but :

  • de vous aider à devenir auteur·rice ;
  • de comprendre, découvrir, appliquer différentes techniques d’écriture ;
  • d’apprendre à écrire efficacement, dans un contexte de double vie, quand le temps est compté.

Bref, je souhaite vous accompagner à intégrer le plaisir de l’écriture au service d’un objectif concret comme l’écriture d’un roman ou d’un recueil de textes. Être efficace et prendre les bons réflexes pour que chaque mot compte. S’intégrer dans une communauté d’auteur·rice·s.

Cette première formation et mes autres initiatives autour de Double Vie vous aideront en 2021 à atteindre vos objectifs d’écriture.

Car il est faux qu’il faut déjà savoir écrire pour se lancer dans l’écriture.

Il est faux de conclure qu’il faut avoir beaucoup de temps disponible.

Il est faux de penser que l’écriture est une passion uniquement pour les solitaires.

Si vous écrivez, vous êtes auteur·rice. Point barre. Tout ensuite n’est que question de méthode, de motivation et de soutien !

D’ici là, je vous souhaite de garder le rythme et écrire chaque jour !

— Mickaël 

PS Contactez-moi si vous vous sentez bloqué dans votre parcours d’auteur.rice  ou si vous voulez vous lancer. Mon objectif est d’aider à faire naitre directement ou indirectement 100 nouveaux romans. J’espère que votre travail en fera partie !


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Pour être tenu au courant et recevoir des conseils fréquents sur l’écriture et découvrir les coulisses de mon travail d’écriture, vous pouvez rejoindre ma liste privée Double Vie.

Ce que je partage dessus :

  • Des conseils d’organisation de notre double vie ;
  • Des conseils techniques sur l’écriture ;
  • Des réflexions et des anecdotes sur ma vie d’auteur ;
  • Parfois des offres commerciales, notamment sur les futures formations que je vais lancer, sur mes programmes d’accompagnement ou sur des masterclasses).


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